Revenons ensemble sur le cas defskerus.

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Après une magnifique première épreuve, il a su nous montrer qu’il était un vaillant scoreur. Face à la pression constante de son adversaire de toujours: Gatsu, il a su se surpasser et prendre la 7e place au nez et à la barbe de Gatsu, pour un final de toute beauté.

Def a 20 ans d’entrainement sur SF2, avec son capital confiance engrengé sur la première épreuve, celle-ci n’aurait dû être qu’une formalité pour lui, et on aurait dû le retrouver dans cette phase finale.
Alors qu’est-il arrivé à ce champion? Comment a-t-il pu à ce point décevoir tout le monde? Entre rivalités, jalousies, entrainements acharnés, argent, alcool et putes roumaines, découvrons ensemble les coulisses d’un destin brisé…

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Pour bien comprendre comment def s’est construit, il faut remonter à son enfance.

[Inclure animation GoogleMap vers la bretagne]

Pendant son enfance en Bretagne, def est déjà fan de jeux vidéos.
Quand il fut en âge, son père l’emmenait  souvent dans un bar près de chez eux, car il y avait une borne SF2. Alors quand le jeu sortit sur Super Nintendo, il a économisé des mois durant pour l’acheter. Et il s’y est mis à fond.
En rentrant des cours, il enchaine les hadokens tout seul devant sa TV. Le week end, il ramène des copains chez lui pour leur mettre la patée. Il est bon, il bat tout le monde, mais en fait ses potes sont mauvais, il ne le sait pas.
Pendant des mois, sa réputation ne sera plus à faire. Des gens viendront de loin, parfois du village à côté, pour essayer de s’affronter au champion.
Pendant des années, il continuera à jouer, en évoluant avec les différentes version de Street Fighter, se perfectionnant.
Un reportage fut écrit à l’époque dans le journal local, qui imposera le surnom: « Le petit prince de Bretagne ».

[Inclure photomontage du journal de Bretagne]

Tous les plus grands espoirs étaient placés en lui, on pensa à l’inscrire dans un cycle jeu vidéo – études, alors qu’à l’époque, les compétitions e-sport n’étaient pas encore ce qu’elles sont.

Alors comment a-t-il basculé? Comment a-t-il pu ne même pas se qualifier? Enquête exclusive!

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Le petit prince de Bretagne. Et oui, vous auriez dû vous en douter, tout était dit dans ce surnom. Car def est breton. Petit, son père l’emmenait au bar pour picoler, pendant que le petit def s’amusait sur sa borne. En grandissant, tout le monde le connaissait, et à chaque victoire tout le monde voulait lui offrir un verre.
Alors qu’au début, il arrivait à gérer cela et ce n’était que de l’alcool festif, bientôt il ne put plus s’en passer et devait constamment jouer en ayant bu un petit verre. Et là c’était le drame.

[Photo de def en soirée qui rigole, un verre à la main. Zoom sur son verre, montée musique dramatique]

Il perdit totalement pied avec la réalité, se mit à aimer la ds, tout en continuant à boire. Ses amis ne le reconnaissait plus.

[Inclure interview d’un ancien ami de def, flouté qui témoigne:]

« On ne le reconnaissait même plus, il s’est mis à nous ignorer, nous parler comme à des chiens. Toute la journée il faisait la gueule et restait enfermé. Le seul moment où il semblait heureux et à l’aise, c’était lors des compétitions du samedi soir, au bar du coin. Il payait des verres à tout le monde, parlait fort, il fallait qu’on l’entende, qu’on le regarde, qu’on sache qu’on était chez lui. Mais nous, on savait qu’il n’était plus le même. »

 

Il passera alors de nombreuses soirées à dépenser tout son argent en festivités, ne se souvenant plus de rien au petit matin.

[Inclure l’interview de la pute roumaine du coin, floutée:]

« Ah oui, ye m’en souviens bien. Moi et mes copines, il nous lâchait des liasses entières de billets. Il buvait du chouchen dans notre nombril pendant toute la nuit. Mais il n’a pas couché avec une seule d’entre nous, à chaque fois il s’endormait, ivre mort. On en rigolait, on faisait à chaque fois des paris pour savoir laquelle réussirait à faire du sexe avec lui. »

 

Mais pendant ce temps là, il ne s’entrainait plus. Pour essayer de s’en sortir, il fit une cure de désintoxication durant laquelle il apprit les métiers du bois, pour pallier à l’envie de boire.
Un jour, 20 ans après sa première partie. Alors qu’il était redevenu quelqu’un comme tout le monde, et que seuls les plus anciens connaissaient encore la légende du petit prince de Bretagne, un concours fut lancé sur un forum rétro d’internet.
Pour lui, il était encore ce jeune fou, aux réflexes aiguisés, à la technique parfaite, à l’audace ravageuse.
Mais le temps avait passé, ses manettes ne fonctionnaient plus, sa vue se troublait, ses réflexes n’étaient plus les mêmes: le temps avait passé, tout simplement.

[Inclure photo d’une horloge]

quand il a essayé de rejouer, il a compris que quelque chose clochait, et compris tout de suite qu’il n’était plus que l’ombre de lui-même. Mais cette petite partie lui plut, et le remis dans l’ambiance festive dont il avait auparavant l’habitude. Il se ressert une bière, puis deux puis trois.
Et il poste un score minable. Avec des excuses l’étant encore plus. Il continue à boire, sort en ville, paye des tournées, ne couche pas avec des putes qu’il paye très cher… bref, in essaye de retrouver un petit goût de la grande époque.

Mais il ne peut plus.
En se souvenant de ce que lui avait dit son parrain des alcooliques anonymes, Bertrand, il savait qu’il fallait qu’il se retrouve, qu’il pense à lui.

[Inclure interview de Bertrand:]

« Bah oui. Moi dès le début je lui ai dit: arrête tout, c’est pas pour toi. Fais quelque chose de plus noble de tes mains, va travailler au bois. Je t’emmènerai vendredi soir, tu verras…. Mais il a jamais voulu venir avec moi, je suis même pas sûr qu’il m’écoutait »

 

Donc def se remet à l’essentiel, et se remet à travailler le bois. Il va faire ce qu’il sait faire le mieux.

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[Lancer la musique, piano solo]

Maintenant, def n’est pas vraiment le champion qu’il aurait pu être, mais il réapprend doucement à vivre et occupe ses journées entre promenades en vélo, et sites de rencontre. Car maintenant, def a des rêves plein la tête, il espère secrètement pouvoir coucher avec une fille, et s’en souvenir.
C’est tout ce qu’on lui souhaite.

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